La Baie de Somme abrite la plus grande colonie de phoques veau marin de France. À 30 minutes d'Ault en voiture, c'est l'une des expériences naturelles les plus marquantes de la région — et l'une des moins connues des visiteurs qui viennent pour les falaises.
Deux espèces, 600 individus
La baie accueille deux espèces : le phoque veau marin (Phoca vitulina), le plus nombreux avec environ 400 individus, et le phoque gris (Halichoerus grypus), plus grand, avec quelque 200 représentants. Ensemble, ils forment la colonie la plus importante de France métropolitaine. Protégés depuis 1972, ils ont reconquis ces eaux peu profondes au fil des décennies.
Où les observer
La Pointe du Hourdel (30 km d'Ault, environ 30 min de route) est le spot incontournable. À marée basse, les phoques se reposent sur les bancs de sable à l'embouchure de la Somme. Avec des jumelles, on les aperçoit clairement depuis la digue. C'est un lieu sauvage, sans infrastructure commerciale — un bout du monde calme face à la baie.
La Baie d'Authie, depuis la digue proche du phare de Berck, offre un point de vue différent, côté Pas-de-Calais. Les phoques y sont moins nombreux mais parfois plus proches.
Les ports à marée haute : à Saint-Valery-sur-Somme et au Crotoy, il n'est pas rare d'apercevoir un phoque curieux dans le chenal, la tête hors de l'eau. En kayak ou en pirogue, des guides nature proposent également des sorties encadrées qui permettent d'approcher les zones d'observation de manière responsable.
Quand y aller
Les phoques sont présents toute l'année dans la baie. Juin et juillet sont particulièrement intéressants : c'est la période des naissances chez les veaux marins. En automne et en hiver, la lumière rasante et l'absence de foule offrent des conditions d'observation exceptionnelles. La marée basse est le meilleur moment : les phoques se hissent sur les bancs de sable pour se reposer, un cycle biologique vital qu'ils répètent deux fois par jour.
La règle des 300 mètres
Les phoques sont une espèce protégée. La réglementation impose de maintenir une distance minimale de 300 mètres. Si un phoque lève la tête dans votre direction, c'est un signe de stress — reculez immédiatement. Une femelle perturbée peut abandonner son petit, qui ne survivrait pas seul. Binoculaires et discrétion sont les seuls équipements nécessaires.
Depuis Ault : une demi-journée idéale
Depuis Le Rivage d'Hélène, comptez 30 minutes de route pour rejoindre la Pointe du Hourdel. L'idéal : vérifier les horaires de marée avant de partir (marée basse = phoques visibles sur les bancs), partir en fin de matinale, observer depuis la digue avec des jumelles, puis déjeuner à Cayeux-sur-Mer ou Saint-Valery sur le chemin du retour.
Le Hâble d'Ault : la réserve naturelle à deux pas
À moins de 10 minutes à pied du Rivage d'Hélène, le Hâble d'Ault est une lagune côtière classée réserve naturelle régionale et zone Natura 2000. Si les phoques s'y font plus rares qu'à la Pointe du Hourdel, le site est en revanche exceptionnel pour l'observation des oiseaux migrateurs : plus de 270 espèces y ont été recensées. En automne, les limicoles, hérons et anatidés s'y arrêtent par centaines lors de leur migration. Un arrêt incontournable avant ou après la route vers Le Hourdel.
Pour préparer votre itinéraire de randonnée depuis l'appartement jusqu'au Hâble d'Ault et au-delà, consultez notre guide des sentiers de randonnée depuis Ault.
La Baie de Somme, c'est le calme, les oiseaux, et soudain — une tête ronde qui émerge du chenal.

